PCdoB: Liberté pour Lula! Pour la restauration de la démocratie

04/04/2018

En niant l’habeas corpus déposé par la défense de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, la majorité de la Cour suprême (STF), donne son rôle de gardienne de la Constitution pour prendre une décision qui rejoindront les grandes erreurs historiques  du pouvoir judiciaire du fait  d’avoir agi à la merci d’intérêts politiques réactionnaires. Un exemple de cela fut le refus par la Cour suprême le 17 Juin 1936, de l’ Habeas Corpus en faveur d’Olga Benario Prestes, qui aurait pu empêcher son extradition vers l’Allemagne nazie, où elle a finalement fini exécutée dans la chambre à gaz.

Le verdict a été donné sous la pression des secteurs politiques et sociaux réactionnaires, le ministère public fédéral et le pouvoir judiciaire lui-même, une campagne médiatique intense , et même  des voix des forces armées ce qui est contraire à la Constitution  Ce verdict viole sans équivoque l’article 5 de la Constitution, paragraphe 57, qui, avec des lettres claires, stipule que «nul ne sera déclaré coupable avant qu’un jugement définitif n’ait été prononcé».

Cette décision intervient après que l’ancien président Lula et son entourage dans une caravane du sud du pays ont été la cible d’agressions fascistes, notamment de fusillades. Maintenant, Lula est victime d’une violence légale, car, sans protection dans la Constitution, il est sur le point d’être arrêté.

Ceci  atteint l’aboutissement d’un complot détaillé par les forces du coup, depuis le coup d’État de 2016, afin d’arrêter et d’exclure des élections présidentielles étant  le candidat favori potentiel à la victoire, comme en témoignent les sondages. C’est donc un nouveau chapitre dans la rupture de l’ordre démocratique. La condamnation de Lula, sans aucune preuve, par  le juge du procès, Sergio Moro – confirmé par la 8e chambre de la Cour fédérale régionale de la 4ème région (TRF-4) dans l’épisode connu sous le nom « Triplex Guaruja » – était un affront clair à l’État de Droit démocratique.

La condamnation s’est faite  seulement sur la base de déclarations de criminels avoués, qui ont bénéficié de la deliquescence de  cette institution par la délation  primée. Récemment, le gouverneur Flávio Dino, de Maranhão, un juriste respecté, a publié une note dans laquelle il démontre que les deux cas qui ont condamné Lula ont utilisé la casuistique réelle et les aberrations juridiques.

Compte tenu de ces faits, la négation de l’Habeas Corpus, peut entraîner l’arrestation de l’ancien président, le plus grand leadership politique et populaire du pays aujourd’hui, et ceci doit être fermement répudiée.

Le Parti communiste du Brésil (PCdoB) considère que l’emprisonnement imminent de Lula, en plus de son exclusion présumée des élections présidentielles, est un fait très sérieux. Sa détention a été conçue et mise en œuvre par l’État d’exception, qui étouffe de plus en plus l’État de droit démocratique et ressuscite la figure du prisonnier politique, typique des périodes dictatoriales et autoritaires de la République. Il va encore aggraver la situation politique déjà instable et augmenter les actions d’intolérance et de type  fasciste.

PCdoB exprime sa solidarité totale avec l’ancien président Lula et le Parti des travailleurs (PT). Nous appelons les forces démocratiques, les défenseurs de l’État de droit démocratique en général, à s’unir et à se mobiliser pour la défense de la démocratie. La défense qui, pour le moment, est prononcée par le combat pour garantir la liberté de Lula, par la défense de ses droits politiques, et par la réalisation d’élections libres.

Brasilia, le 4 avril 2018

Député fédéral Luciana Santos

Président du Parti Communiste du Brésil – PCdoB

Manuela D’Ávila

Pré-candidat du PCdoB à la Présidence de la République