Ce récit en 9 chapitres a été publié le lendemain de la Commune, et constitue un témoignage  de premier ordre et une Chronique édifiante , détaillée et critique de la Semaine sanglante.

Heure par heure, jour pour jour il parvient à nous rendre   des acteurs vivants et nous fait vivre en premier plan l’héroïsme du peuple parisien.

Il nous livre aussi une leçon fondamentale pour les futurs révolutionnaires et les erreurs à ne pas commettre dans la bataille.

Juin 1848 dura 3 jours, la Commune dura deux mois en 1871, ce qui signifie une avancée graduelle de l’émancipation des classes ouvrières au 19eme siècle .

L’histoire de la Commune dura 72 jours dont 8 jours de semaine sanglante sous le deuxième empire de Napoléon III.

C’ est l’ histoire d’ un pouvoir populaire qui dans la fin d ‘une guerre étrangère et le début d une guerre civile, légifère tout en se battant . La France enregistre sa première défaite face à la Prusse.

Ses observations sur les fédérés nous indiquent que malgré leur énorme volonté, courage, dignité,

1-Les fédérés manquent d’une armée unifiée et centralisée.

Ils n’avaient pas d’armée véritable avec une solide discipline, pas de chef, c’ est un soulèvement spontané.  

« la prise d’armes du 18 Mars avait été aussi spontané que le 14 juillet 1789 » . « la discipline était inconnue aux officiers jusqu’ aux simples gardes « 

2- Clientélisme

Le comite Central et la Commune choisissent ses hommes  en fonction des intérêts personnels et non du salut public.

3- Trahison

Alors qu’ils étaient assiégés, ils désinforment » . « Les envahisseurs sont perdus »

4- Mauvaise communication

Désinformés, les Fédérés étaient abandonnés à eux-mêmes. Peu de points reçurent des renforts les quartiers ne communiquent pas entre eux. « Une commission des barricades, fut bien nommées au mois d’Avril, mais sans une vue d’ensemble, sans direction «  p53.

5- Erreur stratégique (militaire)

Ils croyaient être attaqués de front. Ils avaient des ressources puissantes (courage, moralité, force) mais sans pensées d’ ensemble, » les fédérés ne virent pas plus loin que leurs quartiers » p60

6- Délation – dénonciation – Corruption

Concierge et voisins dénoncent les habitants et locataires

7- Répression, brutalité, razzia, militarisation du régime de Thiers ( «Versaillais«)

Carnage, barbarie, le régime de Thiers assassine férocement «les prolétaires» qui étaient principalement des petits artisans (forgerons, mécaniciens, maçons, charpentiers, mécaniciens , imprimeurs …)  , sommation et fusillade , cours martiale , terreur bourgeoise , on  brule tout. Plus de 20 000 fédérés sont tués.

Pas de respect des lois de la guerre. « cette bourgeoisie qui avait capitulé d’enthousiasme devant les prussiens , tremblait à la seule pensée de céder devant Paris «  p 82

8- Manipulation de l’information par les médias de régime

On invente le mythe des « pétroleuses » .

Puis militarisation de la vie à Paris : théâtres fermes, affiches et journaux  soumis à contrôle, la ville est gardée comme une citadelle, arrestations aveugles, commissaires de polices dans toutes les gares, ausweis pour circuler. L’industrie parisienne fut écrasée. 

9- Epidémie de Lâcheté

Pas de dénonciation de ces massacres de la part des autres gouvernements, et la gauche radicale ne fit rien. « Aucun geste pour arrêter les massacres , ni un cri pour les flétrir , ni un mot de protection pour les prisonniers». Les refugies politiques furent dénoncés en Espagne et Belgique. Victor Hugo qui était refugié en Belgique se fit entendre en écrivant à la Presse mais se déferla contre lui la bourgeoisie belge et française et dut se réfugier en Hollande.

Voir aussi : Les manquements de la Commune qui sont bien détaillés par  LENINE ou  MARX . (Banque de France n a pas été nationalisée, ni les journaux bourgeois fermés. Pas d’alliance avec autres classes sociales, forces productives arriérées , pas de partis ouvriers…..)

Prosper Olivier Lissagaray

Il est né à Toulouse en 1838. Journaliste militant, socialiste, ex pharmacien, il va en prison pour ses prises de positions. Il fonde le Cercle d’études sociales, correspond avec « le rappel » . Il se brouille avec les réformistes et Paul Lafargue , se retire vers la fin de sa vie de la vie politique et fonde «  la vie algérienne ». Il meurt en 1901,  enterrée au père Lachaise à Paris.

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