NEO- COLONIALISME – Les spoliations patrimoniales constituent un crime contre les peuples-


«l’Union européenne a permis au califat islamique de se financer avec des œuvres d’art pillées. L’organisation terroriste a livré des œuvres d’art en provenance des sites archéologiques de Libye (et aussi de Syrie) qui se sont retrouvées dans des musées européens et des collections privées» , intitulait en 2018 , le journal Digital Seville. ( https://digitalsevilla.com/2018/12/24/ue-permitido-durante-7-anos-isis-mafia-financien-obras-arte-robadas/)

Ceci advient un an après le discours du 28 novembre 2017 du président Emmanuel Macron à Ouagadougou qui annonça «la mise en œuvre dans un délai de 5 ans de restitution temporaire où définitive du patrimoine africain en Afrique».

Cette déclaration de la part du gouvernement Macron nous montre bien que ce n’est qu‘ un bluff pour apaiser les tensions.

Bien que les guerres ont toujours entraîné des spoliations d’objets et de trésors au détriment des pays vaincus rappelons que les pays occidentaux ont non seulement exploiter des richesses naturelles mais aussi les richesses culturelles des pays colonisés. Ils ont volé la mémoire des peuples.

Voici ce que documente le rapport de Felwinn Sarr et Benedicte Savoy chargés par Macron «d’ investiguer» dans leur livre «Restituer le patrimoine Africain» , un document qui se montre très positif sur le sort des restitutions et élogieux sur l’inititiative de Macron ( contrairement à la réalité des faits ) :

« La France quant à elle a été particulièrement active au cours de ses conquêtes coloniales au 19e siècle, on compte actuellement dans les collections publiques françaises au moins 88000 objets provenant de l’Afrique subsaharienne malgré de nombreuses réclamations des pays africains depuis les indépendances l’État français n’a pas jugé bon d’évoluer sur cette question arguant l’ inaliénabilité du patrimoine national .

Du British Muséum 69000 objets d’Afrique, au Welt Muséum de Vienne 37000,  du musée Royal de l’Afrique centrale en Belgique 180 milles,  au futur Humboldt Forum de Berlin 75000,  des musées du Vatican à celui du quai Branly (70000) en passant par les nombreux musées missionnaires protestants et catholiques en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, En Autriche, en Belgique, en Italie, en Espagne, l’histoire des collections africaines est une histoire européenne bien partagée de dépossession.

Alain Godonou alors directeur de l’école du patrimoine africain à Porto-Novo au Bénin, estimait en 2007 qu’à quelques rares exceptions près les inventaires des musées nationaux africains ne dépassent guère 3000 objets dont la majorité est de qualité et d’importance relatives. »!

Il n ‘est pas étonnant que des visiteurs européens en Afrique constatent que les musées semblent «vides» !

«Ces captations sont le fruit des guerres coloniales en1860 en Corée, en 1866 en Éthiopie, en 1868 dans le Royaume ashanti, en 1874 au Cameroun ,en 1884 dans la région de l’actuel Mali, en 1890 au Dahomey, en 1892 au Royaume du Bénin, en 1897 dans l’actuelle Guinée, en 1898 en Indonésie, en 1906 en Tanzanie, en 1907 les militaires et les expéditions  punitives de l’Angleterre, la Belgique, de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la France sont au 19e siècle l’occasion de prise patrimoniale sans précédent. »

Arrivé en Europe les objets les plus spectaculaires sont intégrés directement dans les collections nationales du musée du Louvre, British Muséum, British Library Bibliothèque nationale à Paris, musée d’ethnologie où coloniaux spécialement créé à cet effet.

« j’espère qu’un jour viendra où la France délivrée et nettoyée renverra ce butin à la Chine spolier » écrivez écrit Victor Hugo après la 2nde guerre de l’opium en Chine.»

Il faut de fait, attendre 1899 pour que la convention concernant les lois et coutumes de guerre signée à La Haye par 84 états souverains rendent illicites les pratiques du pillage et la prise des biens culturels lors de campagnes militaires-

De nombreux objets des collections des musées ont été acquis auprès de leur propriétaire d’origine par la violence où la ruse ou dans des conditions iniques liées notamment à la symétrie du contexte colonial mais pour une large part à une époque antérieure aux conventions de La Haye de 1899 et 1907 quand la pratique du butin est celle du trophée était encore admise.

La déculturation et le viol intentionnel des populations soumises agit sur l’équilibre psychologique et sociale qui est brisé parfois définitivement par le départ d’objets repères transmis de génération en génération.

En Afrique certains pays comme l’ Éthiopie et le Nigéria en tête réclament depuis près d’un siècle le retour d’objets disparus pendant la période coloniale dans un silence assourdissant qui les a accueillis pendant longtemps et qui continue parfois de les accueillir.

Au Sénégal, la famille omarienne descendante Omar foutiyou Tall fondateur de l’empire toucouleur , se trouve à la fois au Sénégal au Mali en Mauritanie et en Guinée. Chaque année elles organisent un rassemblement autour de l’héritage spirituel de El Hadj Omar dont une partie des reliques se trouvent conservées au Muséum d’histoire naturelle de la ville du Havre les manuscrits 518 pièces dont dans le fond Archinard de la Bibliothèque nationale de France et l’épée au musée de l’armée à Paris. La France a restitué en 2019 au Sénégal le sabre d’Amadou Roi de Ségou fils d’Elhadj Omar Foutiyou Tall.

 Cette communauté réclame depuis 1994 aux autorités françaises la numérisation de ses manuscrits en vain.

Les prétextes pour ne pas restituer: on pointe «l’absence de compétences adéquates» ( voir discours condescendant et paternaliste dans la video INA) en ce domaine dans les musées africains sans que l’on se demande comment ces sociétés on conservait les pièces qu’elles ont produites pendant des siècles sous leur climat et dans leur écologie respective. Si cette question est importante , elle ne saurait remettre en cause le projet de restitution. La situation des musées en Afrique est loin d’être aussi désastreuse qu’on la présente. Elle varie considérablement d’un pays à l’autre et le retour des objets ne manquera pas d’entraîner là où c’est nécessaire des aménagements indispensables.

 L’histoire des restitutions montrent que lorsque les œuvres reviennent, des états s’organisent pour les accueillir convenablement et mettent en œuvre les politiques infrastructurelles adéquates.

Pour en finir avec la dépossession et la domination, les peuples violés ont le droit de se réapproprier de leur mémoire et de leur Histoire. Et ceci passe inévitablement par la restitution des objets culturels et cultuels. MAINTENANT.

Photo de la rédaction, IFAN, Dakar .

Texte du directeur général de l’Unesco, AmadouMahtar M’Bow, en 1978, plaidant en faveur d’un rééquilibrage du patrimoine mondial entre le nord et le sud. Son appel pour le retour à ceux qui l’ont créé d’un patrimoine culturel irremplaçable doit être lu et relu.

« les peuples victimes de ce pillage parfois séculaire n’ont pas seulement été dépouillés de chef d’œuvre irremplaçable ils ont été dépossédés d’une mémoire qui les auraient sans doute aider à mieux se connaître eux-mêmes certainement à se faire mieux comprendre des autres ces peuples savent certes que la destination de l’art et universelle ils sont conscients cet art qui dit leur histoire leur vérité ne le dit pas qu’ eux ni pour eux seulement ils se réjouissent que d’autres hommes et d’autres femmes ailleurs puissent étudier et admirer le travail de leurs ancêtres et il voit bien que certaines oeuvres partagent depuis trop longtemps et trop intimement l’histoire de leur terre d’emprunt pour qu’on puisse nier les symboles qui les y attachent et couper toutes les racines qu’elles y ont prises aussi bien ces hommes et ces femmes démunies demande t il que leur soient restitués au moins les trésors d’art les plus représentatifs de leur culture ceux auxquels ils attachent le plus d’importance ceux dont l’absence leur et psychologiquement le plus intolérable cette revendication est légitime »

Plus: https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caa7801439001/table-ronde-unesco-sur-la-restitution-d-oeuvres-d-art

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