Anténor Firmin : un autre Haïtien extraordinaire, qui nous donne une leçon» Sur l’égalité des races humaines».


Note: Dans ce contexte «d’ukranisation» de l’Europe ( le nazisme est né de la théorie raciale), il devient impératif de divulguer les oeuvres de grands humanistes méconnus par les jeunes générations occidentales et qui on su affronter avec courage contre vents et marées, la pédanterie de l’intelligentsia pseudo scientifique de l’ époque. Le livre écrit en 1884 était «classé», cela veut dire caché, oublié et dissimulé pendant plus d’un siècle, sauf en Haïti et Cuba , où sa vie et son œuvre ont toujours été considérées notamment par le libertador José Marti . C’est un cas flagrant de racisme académique et intellectuel. Les exemplaires ont été perdus et la seule trace est restée dans la bibliothèque Nationale Francois Mitterrand où sont conservées toutes les publications produites en France. Il y a quelques années il a été traduit à Cuba par la Casa de las Américas.

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En 1885, cet homme politique et homme de science, professeur, avocat, anthropologue, ministre des finances d’Haiti, panafricain, autodidacte à la culture encyclopédique , polyglotte, auteur de L’effort dans le mal (1911) et  De l’égalité des races humaines (1885). Il publie son ouvrage Sur l’égalité des races humaines , pour affronter vigoureusement les thèses racistes et évolutionnistes qui proclamaient la supériorité de la race blanche sur la race noire.

D’origine modeste, il étudie le droit, fonde le journal Le Messager du Nord et écrit de nombreux articles, dans lesquels il montre sa sensibilité à « la question de couleur » . À partir de 1880, il débute sa carrière diplomatique comme ambassadeur au Venezuela et en France. Là, il a rejoint la Société d’Anthropologie à Paris, et à la suite de cette expérience, il a écrit ce qui allait devenir son magnum opus De l’Egalité des Races Humaines .

La même année où la Conférence de Berlin décide de partager l’Afrique entre les puissances blanches, Firmin sort son ouvrage pionnier De l’égalité des races humaines (1885) ; un coup retentissant au célèbre livre du comte de Gobineau Sur l’inégalité des races humaines , dans lequel les excès de l’esclavage et l’aventure colonialiste imminente sur le continent noir étaient justifiés par une « érudition » anthropologique.

Son texte, qui mettait en échec la pensée de la haute intelligentsia, regroupée au sein de la Société d’anthropologie de Paris, dont il était membre, fut rapidement ignoré et marginalisé, et ne fut réédité en France qu’à la clôture de l’année 2004.

Firmin lui-même, va durement critiquer devant les autres membres les thèses de Paul Broca, fondateur de l’anthropologie française et de la Société elle-même, et de Clémence Royer, qui a traduit en français l’Origine des espèces de Darwin ; il dut endurer les provocations de ses «compagnons» qui lui demandaient même de subir des mesures de son crâne, tandis que d’autres lui demandaient si sa capacité intellectuelle n’était pas le fruit de quelque ancêtre blanc de la famille. Il n’est pas étonnant qu’à sa mort en 1911, le Bulletin de l’institution parisienne ne lui ait pas consacré une seule notice nécrologique, qui en était l’un des membres les plus ennuyeux.

« A toute cette phalange hautaine qui proclame que l’homme noir est destiné à servir d’étrier au pouvoir de l’homme blanc, à cette anthropologie mensongère, j’aurai le droit de dire : Non, vous n’êtes pas une science ! », Firmin écrirait, déjà que consacrait son œuvre faîtière De l’égalité des races humaines .

Un chapitre entier est consacré aux contributions positives que les Noirs ont apportées à l’Humanité, de leur leadership vers la civilisation à travers de grandes cultures comme l’égyptienne, à mener avec patriotisme la contribution d’une minuscule Haïti au destin de toute l’Amérique du Sud, en passant par soutenant Bolívar lui-même avec des armes et des hommes pour qu’il reprenne le combat, après avoir touché le fond en Jamaïque.

Firmin n’oublie pas l’élan de la Révolution haïtienne pour affaiblir le système esclavagiste imposé aux nations américaines ; et avec une incroyable lucidité, il prolonge jusqu’à nos jours, lorsqu’il prédit que dans moins de cent ans un président noir pourrait gouverner le pays le plus puissant du monde.

Cet homme, né dans une famille modeste du Cap-Haïtien, y a rencontré notre José Martí, qui devait le décrire dans une lettre à un ami commun comme un « homme extraordinaire ». Au cours de leur rencontre, tous deux ont eu l’occasion d’échanger leurs idées, de parler d’une éventuelle Confédération antillaise, sans laisser de côté un thème récurrent dans la bouche du Maître : « le grand problème de l’indépendance cubaine », comme l’écrira Firmin en 1907, qui exprime également la «sympathie irrésistible» qui s’est établie entre les deux.

Lorsque Martí est mort à Dos Ríos, parmi les pages d’un cahier qu’il a apporté avec lui, il y avait de nombreuses citations faisant référence au livre Sur l’égalité des races humaines . Peu après la mort de Firmin, le débarquement des troupes américaines dans son pays natal viendra contrarier les années de lutte du ministre qui, en 1891, résiste à l’installation d’une base militaire en Haïti. Ainsi, même dans la mort resteraient unis deux hommes qui défendraient avec de l’encre et des actes qu’« il n’y a pas de haine des races, car il n’y a pas de races ».

Source: Juventud Rebelde, 2017.

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